06/11/10
Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui en émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement. Elles ne laisseront voir leurs agréments qu’à leur mari…” Ennour, 31
“Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes : sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense”. Al Ahzab, 59
Le premier sens du mot “voile” ne renvoie pas à un habit, mais à une tenture destinée à voiler la vue. Historiquement, ce “voile”-là était fait pour protéger les femmes du prophète. Contre quoi ? Pendant la Jahiliyya, expliquent Boukhari et Tabari, les mâles, surtout les impies, avaient très peu de respect pour l’autre sexe. Il s’agissait donc de soustraire les femmes à leur regard. Le verset 59 de la sourate Al Ahzab appelle les “femmes des croyants”, en général, à se prémunir aussi par le même type de “voile”. Mais les commentateurs précisent que seules les femmes libres étaient concernées – autrement dit, pas les esclaves. Ayant une valeur marchande, ces femmes là devaient être visibles pour être valorisées. Il est même arrivé à Omar Ibn Khattab de gifler une esclave qui a imité sa maîtresse (Sahih al Boukhari, tome 3, p.99). Concernant le verset 31 de la sourate Ennour, les commentateurs ont divergé sur le sens du mot “zina” (agréments). Quant à l’expression, “rabattre leur fichu sur les échancrures”, les exégètes divergent sur son explication. En plus, il y a cet autre verset (Ennour, 60) qui dispense les femmes ménopausées de se couvrir. Autrement dit, il faut être apte à la procréation pour devoir se préserver visuellement des hommes. Bref, on est loin du voile d’aujourd’hui que l’interprétation fondamentaliste veut imposer comme sixième pilier de l’islam.
La polygamie
“Si vous craignez de n’être pas équitables en matière d’orphelins… alors épousez ce qui vous plaira d’entre les femmes, par deux, ou trois, ou quatre. Mais si vous craignez de n’être pas justes, alors seulement une…” Annissae, 3
Parmi les exégètes défenseurs de la polygamie, il y en a qui font l’addition 2+3+4… et autorisent l’homme à avoir 9 épouses, à l’instar du prophète ! On note, dans le verset coranique concerné, que l’autorisation est subordonnée à “l’équité en matière d’orphelins”. Quel rapport ? Il s’agirait en faite des “orphelines”. Pendant la période anté-islamique, les hommes se mariaient fréquemment avec celles dont ils étaient tuteurs, pour subtiliser leurs biens. L’islam aurait cherché à les en dissuader en les autorisant à aller voir ailleurs. Mais le Coran relève l’injustice de la démarche, en stipulant dans un autre verset “vous ne pourrez être justes envers vos femmes même si vous y veillez” (Annisae, 129). Cela n’a pas suffi aux exégètes, soucieux de préserver une pratique très répandue…
Le divorce
“Il ne vous est permis de rien récupérer sur elles de vos dons, à moins que tous deux ne craignent de ne pas satisfaire aux normes expresses de Dieu”. Al Baqara, 229
Le Coran octroie aussi à la femme le droit de demander le divorce. Lorsque la femme d’un compagnon du prophète, Thabet Ibn Qaïs, est allée avouer à Mohamed qu’elle ne tolérait plus sa vie à deux, le prophète lui a tout simplement demandé (en présence du rapporteur Boukhari) si elle acceptait de lui rendre son jardin. Il n’a même pas demandé de témoin. Cette facilité dans la procédure, nos sociétés patriarcales ont du mal à la préserver. Ils ont aussi du mal à préciser au mari qu’il n’a aucun droit d’exiger de son ex-épouse un remboursement sur les biens qu’il a mis à sa disposition au cours du mariage.


