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24/02/2011

Ethique post-révolutionnaire

Dans notre Tunisie de l'après révolution, diverses voix s'élèvent pour dessiner le visage de la Tunisie future. Entre optimisme et inquiétude, les avis divergent. D'aucuns craignent une crise économique, d'autres affirment que bien au contraire, sans corruption et sans mainmise sur l'économie tunisienne, celle-ci croîtra avec les nouvelles implantations d'entreprises prévues en Tunisie et l'essor présumé du secteur touristique suite à la bonne réputation dont jouit, désormais, la Tunisie dans un grand nombre de médias internationaux reconnus.

Les débats dans le secteur politique n'en sont pas moins intenses et divergents. Face à ceux qui croient qu'une période de six mois, voire même plus, ne permettra pas à une grande frange de la population de faire une connaissance minimale des partis politiques en place, le désert politique instauré par l'ex-régime de Ben Ali ayant fait table rase de toute émergence d'une conscience citoyenne, il y a ceux qui croient fermement que si tout le monde s'y mettait, les médias en premier lieu, et profitant de l'intérêt soudain de nos concitoyens pour la politique, on pourrait faire une sorte de "cours accélérés" afin de permettre aux intéressés d'accéder à une connaissance, et des programmes politiques des divers partis en place (ou en cours d'être en place) et des diverses activités effectives et possibles de la société civile.

Nouvelle vision économique, nouvelle perception politique, nouvelle conception du développement, nouvelle approche de la justice sociale et même nouvelle manière de gérer les affaires sportives. Tous les sujets étaient présents sur les plateaux télé, sous la plume des journalistes et même dans les discussions privées ou semi privées entre intellectuels et autres franges du peuple tunisien.

Le parent pauvre de cette révolution était, hélas, le volet éthique. Peu de gens ont constaté le déficit éthique de la société "faite" par le régime Ben Ali, notamment par ses choix dans les domaines de l'enseignement et de la communication médiatique. Depuis des années déjà, l'un des sports préférés de bon nombre de nos concitoyens était de se calomnier les uns les autres. Facebook, pourtant un des outils forts de la révolution, est le théâtre d'une panoplie d'insultes, d'accusations et d'injures que se portaient les tunisiens les uns aux autres bien avant la révolution du 14 Janvier.

Et pour quelqu'un qui a un minimum de connaissance en matière de philosophie éthique, il est plus que prévisible que le comportement éthique ne peut s'acquérir du jour au lendemain, même si le jour est un 14 janvier dont l'histoire de la Tunisie se souviendra à jamais. Il serait candide de croire qu'à partir du 15, les tunisiens deviendraient plus tolérants, plus affables, moins agressifs et moins belliqueux. Le changement éthique est l'un des plus longs à se mettre en place, mais il faut en premier lieu se rendre compte de sa nécessité. Il est pour le moins dire désolant que l'une des résultantes de la révolution tunisienne soit des règlements de comptes, des coups bas, des accusations sans fondements et des insultes à tout bout de champ. S'il est vrai que le régime de Ben Ali a tout fait pour que le concept des droits de l'homme soit juste une propagande menée dans une langue de bois à souhait et destiné pour la consommation à l'étranger, s'il est vrai que ce même régime a tout fait pour affaiblir, voire même éradiquer, la confiance entre le citoyen et la loi, en instaurant une impudique impunité, s'il est vrai que, sous ce même régime, l'homme était forcément accusé jusqu'à preuve de son innocence, il est désolant que certains tunisiens se soient à ce point imprégnés d'un régime que, s'ils ont réussi à faire tomber, continue à peser, certes inconsciemment, sur les comportements et la conduite de pas mal d'entre eux. A titre d'exemple, certains tunisiens qui se sont rués sur les maisons et les palais des membres du régime déchu afin de s'emparer de certaines "richesses" qui faut-il le rappeler appartiennent à la communauté, et non aux pilleurs qui habitaient dans le coin et qui se sont octroyé le droit, vu la proximité, de se muer eux-mêmes en voleurs qui volent les voleurs, et qui s'approprient les biens qui ne sont pas les leurs. Les journaux d'aujourd'hui qui se sont permis parfois de se livrer à des ragots ridicules, ressemblent étrangement aux journaux d'hier qui calomniaient les opposants et les insultaient dans un style malveillant. Les facebookers d'aujourd'hui qui fustigent le premier à avoir un avis différent des leurs, ressemblent à s'y méprendre aux ex-mercenaires du pouvoir en place qui refusait d'écouter la moindre critique porté à son égard. Et les divergences intellectuelles entre tunisiens laïcs et islamistes de devenir une scène d'obscénités, de médisances et d'accusations; et les divergences politiques ou idéologiques de donner lieu à de le fausse propagande, à l'atteinte de la vie privée et même aux menaces à peine cachées; des tunisiens comme Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki, Néjib Chebbi ou Salwa Chari, et j'en passe, libres d'épouser l'idéologie qu'il jugent meilleure, se sont vus carrément lynchés verbalement.

Afin de construire notre Tunisie de demain, je pense que le long terme est aussi important que la hâte manifestée par certains à consommer politiquement la liberté révolutionnaire. Et le long terme, le travail de longue haleine qui nous attend tous est celui de réapprendre au tunisien aspirant à la démocratie, le sens profond de la locution "respecter la différence" qu'aucune dictature au monde ne sait conjuguer.

11 commentaires:

anonyme17 a dit…

vous pouvez SVP , nous éclairer sur cet article vous concernant :


من يدير المكتبة الوطنية بتونس؟


يتسأل العديد من العارفين نسبيا بالشأن الثقافي، كيف يمكن لنقابة المكتبة الوطنية أن تنحاز إلى جانب الإدارة ضدّ رفاقهم الموظفين والعملة الوقتيين والعرضيين. تلك هي الحقيقة المرّة التي عرفتها هذه المؤسسة العظيمة، منذ أن تولت إدارتها لوليتى الصغيرة، مثلما يحلو للوليتا الكبرى والسيدة العقربي دعوتها، وكما يحلو للحزب بتسميتها "مدللة التجمع". هذا التناغم بين المديرة والنقابة هو من وحي سائق المديرة شمس الدين الزيتوني والعون المصور ماهر سعيّدْ، باعتبار أن هذا الأخير من مجموعة النقابيين. وتمت بين الطرفين مُقايضة بين المديرة والنقابة بقيادة السكير فرجاني صعدلي وعجمي لغرْ وخالد غزيلْ، وهم أعوان توزيع، تتمثل في تمكينهم من مكاتب على حساب الموظفين ومن مسؤوليات ليست من مشمولاتهم، خاصة وأنهم لا يعرفون أصول التوثيق، مثل عديد العاملين في المكتبة والحاصلين على شهادات عليا في التوثيق أو في غيرها من الاختصاصات القريبة من فنون المحافظة على الرصيد المكتوب، بل هنالك من له شهادة دكتورا وقع تجميد ارتقاءهم الإداري لأنهم لم يكونوا أبدا من الموالين لأي كان، بل همهم الوحيد خدمة الذاكرة الوطنية والقراء. والمُقايضة الثانية، لكي تقوم النقابة بلجم أفواه الموظفين، أن سمحت المديرة، التي تتباهى أمام كلّ من يريد التعبير عن رأيه حول سير العمل بأنّ لوليتا الكبيرة هي التي عينتها، تتمثل في السماح لأعضاء النقابة بالالتحاق بعملهم في أي ساعة يرتأونها، عوضا عن الثامنة والربع على أقصى تقدير مثل كلّ الأعوان، بل هنالك من لا يأتي إلى العمل عدة أيام متتالية مثل الفرجاني صعدلي لأنه كل صباح يكون مثمولا. إضافة إلى ذلك يتمتع أعضاء النقابة بعدة امتيازات منها الساعات الإضافية، وقسائم البنزين لمن له سيارة.

هذا فيما يتعلق بالنقابة التي لم تقف يوما واحدا إلى جانب منخرطيها، بل عملت على تكريس هيمنة وسيطرة المديرة. أما المديران الحقيقيان للمكتبة الوطنية هما سائقها الخاص شمس الدين الزيتوني، الذي يتحول يوميا إلى سوسة لجلبها منها ثم يعود بها بعد الزوال ليعود فيما بعد إلى تونس، مستهلكة بذلك كميات كبيرة من البنزين ومعاليم خلاص الطريق السيارة على حساب المكتبة، وكذلك المصور ماهر سعيّدْ. وبما أنها غير مهتمة بشؤون المكتبة، فقد كانت دوما منكبة على تأليف كتبها الصفراء، راغبة في نشر "حيرتها" بين الناس، مشرعة حق المرأة في السحاق والإدبار، مثلما ترغب لوليتا الطرابلسي، التي كانت تخصص لنساء تونس مآلا لا تسمح لنا أخلاقنا الخوض فيه، يساندها في ذلك فريق من أشباه الباحثين في منوبة فيما يرونه حضارة إسلامية. وفي كثير من الأحيان، لا يجد رؤساء المصالح إمكانية لمناقشة المسائل الكبيرة التي تخص تسيير شؤون المكتبة، فيظلون الساعات الطويلة يترقبون في قاعة الانتظار بدعوى أنه في جلسة عمل مع أطراف من الوزارة أو زائرين أجانب، ولكن بعد ساعات من الانتظار يكتشفون أنه كانت في جلسة، وراء باب مقفل، مع السائق أو المصور، أو معهما الإثنين، وتخرج معهما مقهقهة غير مبالية بمن كان ينتظرها من رؤساء المصالح، داعية إياهم تأجيل موضوعهم إلى الغد أو "إلى أجل غير مسمى" مثلما أرادت غلق أبواب المكتبة كما أشرنا سابقا، وكأنّ هذه الأخيرة زريبة لها ولجماعة منوبة.

والغريب أنّ كلّ هذه الأمور معروفة، قبل الثورة، من طرف العديد من مديري الوزارة، ومن رئيس الديوان وكذلك الوزير السابق. بل وصل بها الأمر أن أفشت في صفحاتها بالفايسبوك على العديد من الأسرار الإدارية، قائلة بأنها فعلت ذلك تحديا للوزير الذي لا يمكن له أن يقلها بحكم أنها كانت مسنودة من لوليتا الكبرى، وربما كانت تطمح أو تخطط للحصول على مكانه. ولكن تسير الرياح.......

شكيب بن ميلاد

http://tunisnews.net/05Fevrier11a.htm

Olfa Youssef a dit…

Calomnie, mensonge et diffamation monsieur.Je ne suis pas accusée pour que je me défende. J'ai mis à l'écart une ex- rcdiste, pour corruption en décembre, elle a été mutée de la BN à cause de ses agissements. C'est normal qu'elle tente de me porter atteinte par ce genre d'article.J'ai des preuves de son implication dans des affaires de corruption grave dont "rachwa". L'affaire est en cours au ministère, je n'ai rien à me reprocher dans mon travail. Le reste est tout simplement obscène. Heureusement que ceux qui fréquentent la BN connaissent la vérité. Rabbi yehdi.

shamsussa a dit…

bien que je ne partage pas souvent vos opinions, cette fois, j'adhère à votre récit. Je pense que la masse est quelque part manipulée, que l'émotion est encore trop forte et mal véhiculée.

manel a dit…

Bonjour Mme Olfa,certes votre narration de ce qui ce passe aujourd'hui est très logique et votre appel à l'éthique à mon avis est une urgence...Mais le comment faire c'est une lourde tâche . si on voit de nos jours des avocats, des magistrats, des journalistes, enseignants...et beaucoup d' INTELLECTUELS sont en train de se régler les comptes, comment peut on demander de l'éthique aux restes ?!!

انور عبادي a dit…

الى المدعو شكيب بن ميلاد
في هذه الصفحة فتحت لنا الدكتورة الفة يوسف حوار حر و بناء بين الاصدقاء الافتراضيين و المتطوقين للمعرفة و المتعطشين للحقيقة و الكلمة الصادقة و ها قد خرجت علينا كعادتك بجرأة الكذابين لتفسد علينا نقاشنا و تتهدد على السيدة الفاضلة الفة يوسف ..خرجت لتتكلم بلغة تحمل في طياتها ذكريات المليشيات و المرتزقة و السوقيين مهنهم هي تشويه الاحرار و الاشراف فانت من الذين يكذبون و لا يصدقون لقد تعديت على القراء بردك المغزي هذا ان كنت حرا فاعتذر و اشطب ما افتريت من كذب و ان كنت غير ذلك فالى الجحيم ,

Alia a dit…

Je vous remercie Madame pour cet article clair , et je partage entièrement votre analyse.
Je suis désolée pour les diffamations dont vous faites l'objet.C'est honteux.
Avez vous pensé à traduire vos livres en français?
Bonne continuation!

anonyme17 a dit…

Merci pour la mise au point ...que j'estime nécessaire vu les accusations portées , le besoin de transparence et votre réputation sur la place publique ...si j'ai demandé des éclaircissements c'est bien parce que je fréquente la BN et j'étais bien étonné du contenu de l'article ...

HARRAR a dit…

ceux qui se précipitent disparaîtront les opportunistes d'hier sont les mêmes aujourd'hui leur incompétence fera leur ruine faut pas s'en faire
Harrar Dorra

ernd59 a dit…

olfa ani m3ak mat5efch inti mA3melt chay

we il ness il taw yetkalmo ychou rwa7hom chnowa 3amlo :)

ernd59 a dit…

Mme** Olfa ;)

khayati a dit…

مقال جيد كالعادة ورأي ثاقب ولكن الكلام المتسخ لا مكان له بين الضمائر الحية... شكرا لك ألفة ولك دوما محبتي وإخترامي